Les traumatismes provoquent des cicatrices, ce qui peut entraîner une compression nerveuse.
- David Brisson
- 5 déc. 2025
- 3 min de lecture
Les découvertes majeures du Dr Jean-Claude Guimberteau sur le fascia transforment notre compréhension de la structure des tissus humains.
En observant le fascia vivant en temps réel, il a révélé qu’il s’agit d’un système dynamique et intégré, composé de structures superposées.
1. Un réseau continu, multi-fibres, à l’échelle du corps entier
Le fascia forme un vaste réseau tridimensionnel ininterrompu, constitué de centaines de millions de fibres de collagène et d’élastine multidirectionnelles qui relient chaque partie du corps — de la surface de la peau jusqu’au niveau cellulaire.Il n’existe ni véritables frontières, ni couches distinctes, ni espaces vides : tout est en continuité totale, avec des fibres s’entrecroisant entre les tissus tels que l’hypoderme, les muscles, les tendons, le périoste et même les os.
Cela remet en question les modèles anatomiques traditionnels qui décrivent le fascia comme des feuillets séparés ou un simple « matériau de remplissage ».
Au contraire, le fascia est un élément structurel unificateur partagé par tous les organes, permettant une intégration sans rupture.
2. Les microvacuoles comme unités structurelles fondamentales
Le réseau forme des microvacuoles — de petits volumes polyédriques irréguliers (20 à 100 microns) — créés par l’intersection des fibres et remplis d’un gel de protéoglycanes hautement hydraté (70 % d’eau).Ces unités remplies de fluide s’organisent selon des motifs fractals, abritent des cellules et permettent plasticité, distribution des fluides et adaptation volumétrique sans flux libre.
Elles fonctionnent comme un système hydraulique qui maintient la « mémoire de forme » du tissu et permet la récupération après une déformation, comme un œdème ou une blessure.
Le « Multimicrovacuolar Collagenous Dynamic Absorption System » (MCDAS) de Guimberteau explique comment ces structures se dilatent, se contractent et stabilisent les tissus de manière dynamique.
3. Organisation fractale et chaotique
Le fascia présente des propriétés fractales auto-similaires à toutes les échelles, avec des arrangements fibreux irréguliers et non linéaires, chaotiques mais efficaces.
Les fibres varient en diamètre, longueur et orientation, permettant des mouvements imprévisibles tels que glissement, séparation, allongement (jusqu’à 30 %) et fusion.
Cela permet une dispersion instantanée des forces dans toutes les directions, maximise la surface d’échange de nutriments et permet une adaptation sans rupture.Le système est pré-tensionné, influencé par la gravité et la pression interne, et fonctionne selon les principes de biotenségrité et de théorie du chaos.
4. Transmission des forces et adaptation mécanique
Les forces externes appliquées à la peau sont transmises vers les tissus profonds à travers le réseau de fibres, se dispersant de manière non linéaire pour minimiser les perturbations.
Cela permet un glissement efficace (par exemple, des tendons pouvant se déplacer de 3 cm sans changement visible en surface) et une absorption des chocs, tandis que des mécanismes d’autorégulation maintiennent mobilité et équilibre.
Les perturbations de la rigidité de la matrice extracellulaire peuvent altérer la santé cellulaire via une mécanotransduction modifiée.
5. Remise en question des modèles embryologiques et anatomiques traditionnels
Guimberteau suggère que le corps provient d’un tissu unique différencié — une structure fasciale stéréotypée — remettant en question l’embryologie classique des feuillets germinatifs.
Le fascia forme la « matrice » des organes et des muscles, intégrant des amas de cellules spécialisées dans son réseau.Il n’est pas seulement un support, mais un élément formateur influençant la morphogenèse, la forme cellulaire, la position et la fonction via la tension et les signaux mécaniques.
Cette perspective holistique décrit l’être humain comme un « être fascial », où structure et fonction sont inséparablement interconnectées.
6. Implications pour la pathologie, la guérison et le traitement
Les blessures créent des cicatrices (bouchons non fonctionnels) ou des adhérences (fibres plus épaisses et plus rigides qui réduisent la mobilité et peuvent provoquer des douleurs par compression nerveuse).Les problèmes chroniques comme l’inflammation modifient le comportement des fluides et des fibres dans les microvacuoles, contribuant à la fibrose et à l’œdème.
L’interstitium (un espace pré-lymphatique rempli de fluide) joue des rôles dans la réponse immunitaire, la métastase du cancer et la régénération, servant d’échafaudage à la réparation.
Ces découvertes orientent des applications cliniques, notamment l’anesthésie tumescente en chirurgie, les thérapies manuelles qui restaurent la fluidité tissulaire (comme la thérapie myofasciale) et la médecine régénérative — soulignant le rôle du fascia dans l’anti-âge, la gestion de la douleur et la santé systémique.
Son travail est documenté dans des films tels que Strolling Under the Skin et dans des ouvrages comme Architecture of Human Living Fascia, soulignant la nécessité d’étudier le fascia vivant pour obtenir une compréhension fidèle de la physiologie et du traitement.



Commentaires