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Les blessures entraînent des cicatrices provoquant une compression nerveuse.

  • Photo du rédacteur: David Brisson
    David Brisson
  • 2 nov.
  • 3 min de lecture

Les découvertes clés du Dr Jean-Claude Guimberteau sur le fascia remodèlent notre compréhension de l'architecture des tissus humains.


Il a observé le fascia vivant en temps réel, révélant qu'il s'agit d'un système dynamique et intégré, en couches.


1. Réseau multifibrillaire continu et couvrant tout le corps


Le fascia forme un vaste réseau tridimensionnel ininterrompu de milliards de fibres de collagène et d'élastine multidirectionnelles qui relient chaque partie du corps, de la surface de la peau au niveau cellulaire. Il n'y a pas de véritables frontières, de couches ou d'espaces vides — tout est en continuité totale, avec des fibres qui s'entrelacent à travers les tissus comme l'hypoderme, les muscles, les tendons, le périoste et même les os. Cela remet en question les modèles anatomiques traditionnels qui dépeignent le fascia comme des feuilles séparées ou un simple matériau de « remplissage ».


Au lieu de cela, le fascia est l'élément structural unificateur, partagé par tous les organes et permettant une intégration fluide.


2. Microvacuoles comme blocs de construction de base


Le réseau crée des microvolumes polyédriques irréguliers appelés microvacuoles (de 20 à 100 microns de taille), formés par des fibres entrecroisées et remplis d'un gel de protéoglycane hautement hydraté (70 % d'eau). Ces unités remplies de fluide s'agrègent en motifs fractals, abritant des cellules et permettant la plasticité, la distribution de fluides et l'adaptation de volume sans écoulement libre. Elles agissent comme un système hydraulique, maintenant la « mémoire de forme » des tissus et permettant la récupération après déformation, comme dans l'œdème ou les blessures.


Le Système d'Absorption Dynamique Collagénique Multimicrovacuolaire (MCDAS) de Guimberteau décrit comment ces structures se distendent, se rétractent et ancrent les tissus de manière dynamique.


3. Organisation fractale et chaotique


Le fascia présente des propriétés fractales auto-similaires à toutes les échelles, avec des arrangements de fibres irréguliers et non linéaires qui sont chaotiques mais efficaces. Les fibres varient en diamètre, longueur et orientation, permettant des mouvements imprévisibles comme le glissement, la division, l'allongement (jusqu'à 30 %) et la fusion. Cela permet une dispersion instantanée des forces dans n'importe quelle direction, maximisant la surface pour l'échange de nutriments et s'adaptant aux contraintes sans rupture. Le système est pré-tendu, influencé par la gravité et les pressions internes, et fonctionne selon des principes comme la biotenségrité et la théorie du chaos.


4. Transmission des forces et adaptation mécanique


Les forces externes appliquées à la peau sont transmises en profondeur dans les tissus via le réseau fibrillaire, se dispersant de manière non linéaire pour minimiser les perturbations. Cela permet un glissement efficace (par exemple, les tendons se déplaçant de 3 cm sans changements de surface) et une absorption des chocs, avec des mécanismes d'autorégulation assurant la mobilité et l'équilibre. Les perturbations, comme la rigidité dans la matrice extracellulaire (MEC), peuvent altérer la santé cellulaire par une signalisation mécanique modifiée.


5. Défis aux modèles embryologiques et anatomiques traditionnels


Guimberteau propose que le corps soit un tissu unique et différencié issu d'un cadre fascial stéréotypé, remettant en question les théories des couches germinales embryologiques. Le fascia constitue le « socle » pour les organes et les muscles, intégrant des amas de cellules spécialisées dans son réseau. Il n'est pas seulement de soutien mais formatif, influençant la morphogenèse, la forme cellulaire, la position et la fonction via la tension et la mécano-transduction.


Cette vision holistique dépeint les humains comme des « êtres fasciaux », où la structure et la fonction sont interdépendantes.


6. Implications pour la pathologie, la guérison et la thérapie


Les blessures entraînent des cicatrices (bouchons non fonctionnels) ou des adhérences (fibres plus épaisses et plus rigides réduisant la mobilité, pouvant causer de la douleur via la compression nerveuse). Les problèmes chroniques comme l'inflammation altèrent le fluide des microvacuoles et le comportement des fibres, contribuant à la fibrose ou à l'œdème. L'interstitium (espace pré-lymphatique rempli de fluide) joue un rôle dans la réponse immunitaire, les métastases cancéreuses et la régénération, servant de échafaudage pour la réparation. Ces insights informent les applications cliniques, telles que l'anesthésie tumescente en chirurgie, les thérapies manuelles (par exemple, la libération myofasciale pour restaurer la fluidité), et la médecine régénérative, en soulignant le rôle du fascia dans l'anti-âge, la gestion de la douleur et la santé globale du corps.


Son travail, documenté dans des vidéos comme Strolling Under the Skin et des livres tels que Architecture of Human Living Fascia, souligne la nécessité d'étudier le fascia dans son état vivant pour des insights précis sur la physiologie et le traitement.

 
 
 

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